Les fabricants nous proposent en général 5 taux de nicotine : 3, 6, 9, 12 et 18 mg/ml.
Ca veut dire quoi ? Lequel est le bon pour moi ?

Ce sont des questions complexes… parce que la réponse est : ça dépend !
Ca dépend de combien on fumait, de comment on va vapoter et sur quel matériel, mais aussi de quand on va pouvoir vapoter.

 

Maintenir sa consommation de nicotine

Dans tous les cas, la stratégie, au début, c’est de consommer autant de nicotine avec la vape qu’on le faisait avec les clopes.
Le tabac provoque une addiction puissante, l’idée est de ne pas tout arrêter d’un coup : comme avec un patch, on va garder la nicotine, et en plus le geste et le plaisir de « fumer », sauf que ce n’est pas de la fumée.
La nicotine n’est pas dangereuse, ce sont les goudrons et les produits de la combustion du tabac qui provoquent les maladies liées au tabagisme.
Le site à consulter pour comprendre la nicotine, c’est celui de Jacques Le Houezec

Reste la question : autant de nicotine, c’est combien ?

 

Le repère classique

C’est le repère que l’on trouve sur internet et dans presque tous les magasins, qui donne un taux de nicotine nécessaire en fonction du nombre de cigarettes que l’on fumait.

– Moins de 10 clopes par jour : liquide au moins entre 6 et 9 mg/ml de nicotine.
– Un paquet par jour : liquide au moins en 12 mg/ml de nicotine.
– Plus d’un paquet par jour : liquide en 18 mg/ml de nicotine.

Ce repère a le mérite d’être simple, mais il est erroné.
Il ne tient pas compte de comment on fumait (et pas seulement combien), ni de comment on va vapoter et sur quel matériel.
Quand un fumeur de 8 cigarettes par jour tire sur une cigarette, il en tire une certaine quantité de nicotine… la même qu’un fumeur de 30 cigarettes.
Donc pourquoi faudrait-il qu’il ait moins de nicotine dans son liquide ?

Bref, mieux comprendre l’inhalation et l’action de la nicotine permettra de mieux gérer.

 

Clope, vape et nicotine, comment ça marche ?

Une clope contient environ 12 mg de nicotine. Suivant comment on tire dessus, on inhale 1 à 3 mg.
Dans la vape, c’est plus difficile à mesurer, parce que ça dépend à la fois du taux dans le liquide et de la quantité de vapeur que l’on inhale, suivant son atomiseur et la durée d’une bouffée.

Mais, on peut mesurer le taux de nicotine dans le plasma sanguin, donc on peut comparer la cigarette et la vape en terme d’efficacité.
Le schéma qui suit résulte d’une étude faite avec un clearomiseur Evod, donc un tirage très serré, et un liquide en 18 mg
Source : étude menée en 2014 par l’équipe du Dr Konstantinos Farsalinos (consultable ici) et rapportée par Jacques Le Houezec sur son excellent blog.

Nicotine ClopeVape

On remarque que la clope (en rouge) produit une élévation rapide du taux de nicotine dans le sang : jusqu’à 18 ng/ml en moyenne en 5 minutes.
Ce taux réduit avec le temps, de moitié en 2 heures.
Suivant son degré de dépendance, il y a donc un seuil à partir duquel on va ressentir un manque, et donc un besoin de refumer une clope.

Il faut 35 mn à la vape en mode très serré pour atteindre ce taux, avec un liquide dosé en 18 mg/ml.
La vapeur est moins efficace que la cigarette pour transmettre la nicotine rapidement, il faut vapoter plus longtemps et plus souvent pour arriver au même résultat.
La baisse du taux dans le sang sera la même.

 

Avec un atomiseur plus aérien, et à plus forte puissance que se passe-t-il ?
En violet, voici la courbe d’un atomiseur utilisé à 70 watts avec un liquide en 4 mg/ml.
Source ;  Wagener TL et al. Tob Control. 2016 (reporté par J. Le Houezec)

Nicotine ClopeVape2.png

La différence est nette, l’assimilation de nicotine est plus rapide au début, et ensuite les vapoteurs régulent et diminuent leur rythme de vape.

Est-ce que cela veut dire qu’un atomiseur aérien est plus efficace et qu’il vaut mieux vaper à forte puissance ?
Non, il y a d’autres facteurs à prendre en compte, en particulier quand on démarre : le mode d’inhalation est très différent de celui de la clope, et la plupart des fumeurs ne peuvent pas vapoter de cette manière au départ.

Ces schémas montrent deux choses :
1. l’important, c’est comment avoir un apport en nicotine suffisant pour ne pas avoir envie de craquer pour une clope !
2. Les vapoteurs (et les fumeurs) gèrent très bien leur consommation de nicotine tout seuls: tant qu’ils n’ont pas ce qui leur faut, ils vapent, quand ils en on assez, ils arrêtent.

 

T22

Tirage serré : Innokin Endura T22

 

Quel taux en fonction de quelle vape

Ces études nous montrent qu’un liquide en 18 mg/ml n’est pas si fortement dosé, il n’y a pas a en avoir peur : la clope amène toujours plus de nicotine que la vape.
On pourrait vaper à profit des liquides plus nicotinés si la loi ne l’interdisait pas.
La limite, c’est la sensation des vapoteurs : la nicotine pique la gorge, certains apprécient et ne sont pas gênés, d’autres n’aiment pas.

Le bon taux de nicotine dépend du style de vape.

Pour simplifier on peut définir 3 types de vape en fonction du tirage et donc du type d’atomiseurs qui permettent ou non ces tirages.
Le tirage, c’est la résistance que le vaporisateur va opposer à l’aspiration : est qu’il va falloir « tirer » l’air pour le faire passer, ou est-ce que ça vient tout seul ?

Tirage serré : 12 à 18 mg/ml

C’est le tirage des clopes, il faut aspirer assez fort pour faire passer l’air. Ce tirage produit autant de vapeur, ou un peu plus, que la fumée d’une clope. Pour un fumeur, cela procure une sensation de vape proche de celle de la clope, le mode d’inhalation est en effet le même que pour la cigarette : on tire la vapeur dans la bouche, puis on l’inhale dans les poumons. On appelle ce mode de vape « bouche – poumon » ou « inhalation indirecte » ou en anglais MTL (mouth to lung). La puissance doit être assez faible : 8 à 15 watts. L’augmenter n’améliorera pas la vape, mais dégradera les saveurs et détruira la résistance. Avec ce type de vape, un taux de nicotine élevé est généralement approprié : 12 à 18 mg/ml

Tirage aérien : 6 à 9 mg/ml

Il s’agit d’aspirer la vapeur directement dans les poumons, comme avec une chicha. Ce type de vape est appelé « inhalation directe » ou en anglais DL (direct lung). Le volume d’air inspiré est plus grand, donc on produit plus de vapeur. Il faut du coup augmenter la puissance pour avoir assez d’énergie pour produire cette vapeur : 20 à 30 watts. Avec ce type de vape, un taux de nicotine moyen est généralement approprié : 6 à 9 mg/ml.

Tirage ouvert (ou très aérien) : 0 à 3 mg/ml

Il s’agit toujours d’aspirer la vapeur directement dans les poumons, mais le tirage est complètement libre : on peut respirer dans l’atomiseur. Le volume d’air inspiré est encore plus grand, produisant de gros nuages de vapeur. La puissance doit encore augmenter pour suivre : plus de 40 watts et jusqu’à… plus de 100 watts. Avec ce type de vape, un taux de nicotine très faible est nécessaire : 0 à 3 mg/ml.

 

Pourquoi pas du coup, vaper à forte puissance avec du 12 mg/ml, ce serait encore plus efficace ?!!!
Ca parait être une bonne idée : on inhale 3 bouffées et on est calmé !
Pourquoi pas, mais la plupart des vapoteurs ne peuvent pas supporter ça : la nicotine des liquides pique trop la gorge dans ce cas.
Toutefois, les sels de nicotine qui commencent à apparaître piquent moins la gorge et pourraient permettre un tirage relativement aérien avec un taux assez fort.

 

images.jpg

Tirage serré à légèrement aérien ; Aspire Nautilus 2

 

Conséquences sur la consommation de liquide

Quel que soit le type de vape et le taux de nicotine choisi, nous allons consommer autant de nicotine.
En conséquence, plus le taux sera faible, et plus nous allons vaper à forte puissance en faisant plus de vapeur, plus nous allons consommer de volume de liquide.
C’est logique, et c’est aussi un élément de choix financier.
Le même vapoteur qui consommerait 2 à 5 ml de liquide par jour en vape serrée à 18 mg/ml consommera en gros 5 à 10 ml en vape aérienne et 15 à 30 ml en vape très aérienne.

Du point de vue de la santé, même s’il n’y a pas d’étude montrant aujourd’hui qu’il serait dangereux de vaper de telles quantité de liquide, on peut tout de même se poser la question de l’ingestion d’un volume important d’arômes.
Il y a pas contre des conséquences financières et logistiques, le budget liquides pouvant varier de 3 à 20 € / jour, et la puissance requise nécessitant des box plus grosses et consommatrices d’accus.

 

Tirage serré à aérien ; UD Mesmer

 

 

 

 

Quel type de vape choisir ?

Nous voyons donc que cette question du bon taux de nicotine, ne peut pas être séparée de la question du matériel et du type de vape.
Du coup, quel est le bon type de vape pour commencer ?

Ca dépend à la fois de ses goûts, de ses conditions de vape et de son budget et cet article a justement pour but d’aider à mieux régler sa vape.
La « bonne » vape est propre à chacun, au début comme plus tard, et personne ne peut définir à notre place ce qui va nous aller bien. Cela va même évoluer au fil du temps, plus ou moins rapidement.

Il faut donc essayer : aller dans un magasin de vape sérieux est nécessaire !
Pourquoi ?
Pour essayer des matériels différents, avec des tirages différents et des taux de nicotine différents pour trouver SA solution pour SA vape.

 

En général, on conseille aux fumeurs qui commencent la vape de prendre des atomiseurs au tirage serré, avec un fort taux de nicotine.
Pour 90 % des fumeurs, c’est vrai, parce que la sensation sera la plus proche de ce qu’on avait avec la clope, et parce qu’il faut apprendre à vapoter avant de passer, éventuellement, à autre chose.
Une bonne solution peut-être de s’équipe d’un matériel capable de procurer une vape serrée à faible puissance (8 à 15 watts), mais aussi une vape un peu plus aérienne et puissante (20 à 30 watts) que l’on utilisera de temps en temps ou quand on aura pris l’habitude de vaper plutôt que de fumer.

Tirage aérien ; Joyetech Cubis

On conseille aussi au fumeurs modérés de prendre un atomiseur serré et un liquide dont le taux sera moyen : 6 à 9 mg.
Ca peut être une bonne idée si on fumait légèrement : on ne tirait pas trop fort, on ne finissait pas nos clopes, donc on ne prenait pas beaucoup de nicotine à la fois.
Mais la plupart des fumeurs, même modérés, tirent la même dose de nicotine de leurs cigarettes.
Dans ce cas, prendre un liquide au taux faible ne marchera pas : il faut le même taux élevé de nicotine, et vaper moins souvent, comme on le faisait avec la clope.

téléchargement.jpg

Tirage très aérien : Smok TFV8 baby

Certains magasins conseillent aux débutants des atomiseurs très aériens et des liquides en 3 ou 6 mg.
En général c’est une immense connerie.
Si vous essayez ce genre d’atomiseur après en avoir essayé d’autres plus modérés et que vous sentez que ça vous va bien, ok, c’est bon.
Si vous êtes un pro de la chicha, c’est ce qu’il vous faut probablement.
Si vous arrivez à tirer dessus sans vous étouffer, et que vous avez la possibilité de faire d’énormes nuages au boulot sans que personne ne s’en offusque, allez y !
Mais si un vendeur vous conseille ça sans avoir pris le temps de vous faire essayer autre chose, fuyez à toutes jambes et trouvez un magasin plus compétent.
S’il vous faut régulièrement vapoter discrètement, oubliez ce genre d’atomiseur.
Ce genre de vape peut convenir à certains débutants, mais très peu. Vérifiez si ça vous va, et n‘achetez pas ça sur internet sans avoir essayé.

Si un magasin vous conseille un atomiseur très aériens et un liquide  en 12 mg… fuyez immédiatement !
C’est du vécu… l’incompétence peut aller jusque là.
Un taux de 12 mg à forte puissance, ça peut être satisfaisant pendant les 5 mn de l’essai.
Mais au bout de quelques jours, vous aurez la gorge en feu, un goût bizarre et des maux de tête : il y a trop de nicotine dans une bouffée !

Bref, il faut trouver le bon équilibre pour nous.
Certains atomiseurs actuels sont intéressants pour les débuts, parce qu’ils permettent à la fois une vape assez serrée et un peu aérienne selon le réglage et la résistance choisie.
Les (bons) magasins de vape peuvent nous les faire essayer, profitons-en !

 

 

Pour conclure, il arrive souvent qu’on ne trouve pas le bon taux du premier coup, c’est normal puisque c’est très subjectif.
Encore une fois il faut donc essayer, et mieux vaut commencer avec trop de nicotine que pas assez.
Si ça vous pique trop la gorge, que vous avez un peu mal à la tête ou des nausées, c’est que vous inhalez trop de nicotine.
Si vous ressentez un manque alors que vous venez de vapoter, c’est qu’il n’y en a pas assez.

Le Taux de nicotine doit être :

  • Suffisant pour que dans la journée on ait sa dose sans éprouver de manque.
  • Approprié à l’atomiseur que l’on utilise et au type de vape choisi.

L’atomiseur et le taux de nicotine doivent permettre d’arriver à satiété dans le temps dont on dispose pour vapoter

 

 

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