Au moment de se déplacer ou de partir en vacances, le vapoto se pose forcément la question du matériel à emmener pour se mettre à l’abri de tout incident pouvant mettre en péril la production de sa chère vapeur. Il peut bien sûr choisir de se faire une malle dédiée contenant toutes les nombreuses pièces de son équipement habituel ou au contraire, n’emporter que le strict minimum nécessaire à se préserver d’une mauvaise surprise.

C’est de cette seconde option dont nous allons parler ici considérant que finalement, un kit à vapoter de base peut aussi constituer l’investissement de départ d’un néo-vapoto souhaitant se lancer dans le reconstructible. Il va sans dire qu’il faudra disposer d’au moins un atomiseur et d’une box en état de marche avant de se lancer dans une quelconque tentative ressemblant peu ou prou aux deux montages proposés ici !

Un montage Clapton

Le fil résistif Clapton est construit sur une âme de Kanthal généralement en 0,4 mm supportant un enroulement serré de Kanthal 0,2 mm et ressemble de ce fait à une corde de guitare, d’où son nom en forme d’hommage au grand « Slowhand ». Il permet de fabriquer facilement des bobines résistives performantes, le Kanthal fin multipliant la surface de contact entre le métal et la mèche imbibée de liquide. Sa résistivité élevée ne le destine cependant pas aux montages sub-ohm et on préférera sans doute le pratiquer avec une box électronique capable de booster suffisamment le signal pour l’échauffer correctement.

Pour réaliser le montage, nous allons nous procurer une pince coupante, un tournevis, un morceau de coton « Puff » de type japonais et un morceau de Clapton Wire d’environ 10 cm de longueur.

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La pince coupante se trouve facilement dans nos boutiques de vape nationales pour moins de dix euros ou sur les portails de l’Empire du Milieu pour quelques euros de moins. Attention cependant, ce genre d’outil bon marché fera le boulot demandé mais pas forcément pendant très longtemps. La pince figurant sur la photo ci-dessus est ma seconde du genre, la première s’étant sèchement cassée en deux juste en découpant un morceau de mesh. Le tournevis fait partie de ma trousse à bricoler depuis des temps immémoriaux, j’ignore donc l’investissement que représente aujourd’hui un tel outil. L’astuce consiste à en trouver un dont la tête sera adaptée aux vis de serrage de notre atomiseur et dont le diamètre permettra une utilisation comme gabarit pour notre coil, genre 2,5 mm comme celui présenté ici. L’aventure commence en plaquant le fil résistif contre la tige du tournevis et en le maintenant fermement entre le pouce et l’index.

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La partie haute constituera une patte de fixation pour la future bobine, une longueur d’environ 2 cm suffit en général à prévoir ce rôle. Une des clés de réussite est ici de bien serrer le fil, on hésitera donc pas à se faire blanchir les phalanges pour enrouler par exemple cinq spires de Clapton autour du tournevis, en essayant de les tenir les plus rapprochées possible.

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Comme dit plus haut, le câble Clapton présente une résistivité élevée. On évitera donc de multiplier les tours, à moins bien sûr de souhaiter explicitement obtenir une résistance haute. Sur un diamètre de 2,5 mm comme celui présenté ici, cinq spires devraient déjà nous mener à environ 0,75 ohm.

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Une fois l’entortillage terminé, il n’est pas inutile de resserrer encore notre bobine en lui tirant vigoureusement les pattes dans le sens des flèches bleues de la photo ci-dessus. Cette opération de finition est bien plus aisée lorsque l’on dispose d’une pince pour saisir le câble mais puisque nous avons opté pour l’équipement minimum, il faut bien se débrouiller sans. On tire donc tant que l’on peut avec les doigts, jusqu’à l’obtention d’un chouette coil aux spires les plus régulières possibles digne d’être monté sur un atomiseur, par exemple un Serpent RDTA.

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Le plateau du Serpent RDTA est plutôt pratique à manipuler, ce qui nous arrange bien. Le tournevis judicieusement choisi permet de desserrer les vis de blocage du résistif, puis de les resserrer sur les pattes de notre coil chèrement formé.

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Une fois en place et fermement maintenu, le coil peut encore être amélioré si besoin en recherchant cette fois l’espacement régulier des spires. Ce n’est pas forcément évident à obtenir à cause d’une certaine élasticité du Clapton mais avec un peu de patience, on peut atteindre un résultat potable en s’aidant d’un ongle ou de la pointe du tournevis. Le moment délicat du cisaillement des pattes de la bobine est maintenant arrivé !

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Une pince coupante profilée, même de piètre qualité comme celle-ci, est bien pratique pour trancher les pattes de coil au ras des plots et éviter ainsi tout court-circuit pouvant naître d’un contact éventuel entre la résistance et le corps de l’atomiseur. On peut encore, si on le souhaite, tirer, pousser, hisser, centrer la bobine en y repassant le tournevis et en restant raisonnable dans les pressions exercées. Ce serait dommage de tout casser maintenant !

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Il n’est par forcément inutile à ce stade de jeter un œil global et critique sur notre montage, histoire de prévenir d’éventuelles anomalies. Le coil sera au mieux centré au-dessus de la prise d’air du plateau, à un millimètre ou deux d’altitude, sans aucun contact parasite avec le corps de l’atomiseur. Comme on a été bon, on est confiant.

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Mais comme on est aussi prudent, on préfère soumettre l’atomiseur au verdict d’une box électronique afin de vérifier l’absence de tout message énervant, du style « No atomizer » ou « Atomizer short » ou encore « Atomizer too low » qui nous obligerait à sur le métier remettre notre ouvrage. Heureusement, ce n’est pas le cas ici !

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La résistance de 0,75 ohm annoncée est conforme à nos prévisions, il y a de fortes chances pour que le montage soit correct et nous pouvons donc procéder sans crainte au premier appui sur le bouton de mise à feu.

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L’incandescence naît au centre de la bobine pour diffuser vers les plots, c’est bien comme il faut. Rien ne casse, rien ne fond ni n’explose… La réussite du montage semble acquise et l’on peut donc marquer une pause-binouze bien méritée avant de passer à la suite.

La suite est, je vous l’accorde, un peu capillotractée. Que l’on soit à la maison ou en voyage, on dispose quand même souvent d’une paire de ciseaux pour découper une bandelette de coton. Il sera donc rarement nécessaire de se farcir ce découpage à la pince coupante mais comme c’est possible et que je m’obstine à aller au bout du montage avec le minimum d’outils… Allons-y !

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Hum… Coupé ou déchiqueté ?

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Peu importe finalement car nous allons maintenant « ouvrir » notre bandelette de coton « Puff » en tirant doucement ses fibres vers l’extérieur afin d’obtenir quelque chose ressemblant à ceci :

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La plaque de coton obtenue est ensuite délicatement roulée entre les doigts pour devenir à peu près cylindrique, à la mode des rouleurs de clopes. Les extrémités de la mèche peuvent avantageusement être reprises d’un coup de pince coupante pour un aspect vraiment irréprochable.

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Notre atomiseur cobaye étant un RDTA, il va falloir se taper la galère de placer la mèche comme il faut. Plusieurs techniques sont certainement possibles, je préfère pour ma part passer le coton dans la résistance en laissant une longueur de mèche égale de part et d’autre. Je me débrouille ensuite pour plonger une des pattes dans le réservoir, pas forcément jusqu’au fond d’ailleurs, en poussant avec le tournevis.

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La seconde patte est ensuite traitée de la même façon.

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Et bien c’est pas mal, tout ça ! On a plus qu’à remplir notre atomiseur et à amorcer la mèche.

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C’est fini ! Comme on a pu le voir, le montage en câble Clapton s’est avéré aisé, limite ludique… Enfin je l’espère ! Même si le degré de difficulté du montage dépend étroitement du type de plateau équipant l’atomiseur considéré, ce câble donne en général de bons résultats. Il ne sera à éviter que si des vis de serrage trop étroites comme celles du Tilemahos Armed par exemple, ne permettent pas le maintien correct de son diamètre relativement élevé.

Un montage micro-coil

On peut évidemment ne pas apprécier l’effet diesel du Clapton ou chercher un montage plus bas en résistance pour par exemple profiter pleinement des bienfaits d’une superbe box mécanique. Dans ce cas, on se dirigera plutôt vers un micro-coil de Kanthal, à savoir une bobine dont les spires seront littéralement collées les unes aux autres. Pour obtenir ce résultat que l’on pressent déjà magnifique, nous allons remplacer notre bout de Clapton par un morceau de Kanthal 0,5 très sensiblement moins résistif de même longueur, notre « Puff » par un fragment de Fiber Freaks densité #1 et compléter notre arsenal de coiler par une pince à bec céramique.

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une pince à bec céramique se trouve aussi aisément qu’une pince coupante auprès de nos bons shops nationaux qui nous la fourniront moyennant une dizaine d’euros. Bien évidemment, les portails chinois se feront un plaisir de vous l’expédier pour quasiment la moitié du prix si vous avez la patience d’attendre un long acheminement vers votre boîte aux lettres. Ne nous leurrons cependant pas, les extrémités effilées de la céramique seront très fragiles quelle qu’en soit la provenance, au point qu’il n’est pas forcément idiot d’en commander une paire de rechange en même temps que la pince. Bien rodés par une première expérience claptonienne nous allons pouvoir progresser nettement plus vite. L’enroulage du Kanthal autour du gabarit se passe exactement comme on l’a déjà vu, à ceci près qu’il faut encore plus tirer sur le fil et bien évidemment veiller avec la plus extrême attention à obtenir des spires jointives. Hum… Les plus jointives possible.

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Inutile de rêver, on ne reproduira pas ici les excellents résultats obtenus par l’usage de ces petits outils bien pratiques appelés « coilers ». On limitera cependant la casse en poussant plusieurs fois la bobine le plus fermement possible contre le manche du tournevis en cours d’entortillage. On tirera ici aussi les pattes du coil une fois le nombre de spires souhaité atteint avec l’énergie du désespoir, comme nous l’avons fait avec notre bobine de câble Clapton. Ah oui, ça fait mal aux doigts mais il faut accepter de souffrir pour bien vaper ! La bobine étant formée, on peut la fixer sur l’atomiseur choisi, ici un Monster v3 de 528 Custom Vapes au plateau similaire à ceux des célèbres Kayfun de SvoëMesto.

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Oui, le coil est assez nettement de guingois mais on ne va pas le laisser comme ça. On va commencer par lui couper très soigneusement les pattes au ras des plots afin d’éviter tout risque de contact avec la cheminée de l’atomiseur qui viendra plus tard coiffer le plateau.

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Puis on va repasser le tournevis dans la bobine pour redresser et rehausser le coil. La bonne tenue des vis de serrage est ici fondamentale pour supporter les différents mouvement de rotation et de traction que nous imprimons au coil, on aura pris soin de les visser bien à fond avant de se lancer dans cette série de réglages sous peine de tout péter et devoir tout recommencer depuis le début.

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Le moment est venu de visser notre atomiseur à une box électronique pour contrôler la bonne exécution du montage.

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La résistance résultante de 0,30 ohm est correcte pour six spires de Kanthal 0,5, nous pouvons considérer avoir bossé comme des chefs et appuyer sans plus attendre sur le bouton de mise à feu de la box. Neuf fois sur dix environ, à ce moment, c’est le drame.

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Ben non, ça ne va pas du tout ! l’incandescence démarre sur un côté de la bobine et n’est en aucun cas régulière. Impossible de vaper sur un truc pareil, c’est le dry-hit, le goût de cramé assuré. Pas de panique, tout ceci est parfaitement normal et se résout très bien à l’aide de la pince céramique que nous avons eu le flair de rajouter à notre trousse à outils.

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L’idée est ici de resserrer les spires par la pression du bec céramique tout en envoyant de courtes impulsions électriques afin de les coller entre-elles sous l’effet de la chaleur. L’opération permet de se passer du chalumeau habituellement conseillé pour finaliser correctement un micro-coil mais reste un peu délicate à réaliser. Les becs céramiques, parfaitement isolants, évitent de créer un court-circuit létal par mise en contact du coil avec le corps de l’atomiseur mais leur pression sur le résistif fragilisé par le chauffage au rouge peut briser ce dernier comme un fétu de paille. Il faut donc procéder doucement et progressivement en envoyant une puissance modérée d’une quinzaine de watts si on utilise une box électronique ou en attendant la baisse de l’incandescence si on travaille avec une box mécanique, avant d’exercer la pression de resserrage sur le coil. Après deux ou trois répétitions de l’opération, la bobine accepte de rougeoyer du centre vers ses extrémités de façon bien homogène, la partie est gagnée !

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La Fiber Freaks densité #1 se présente comme un coton aérien et vaporeux dont on prélève un morceau de taille adaptée au diamètre de la bobine à garnir avec les doigts. Après un léger roulage, la mèche peut déjà être glissée dans le coil. Contrairement au vrai coton, la cellulose constituant cette fibre ne gonfle que très peu sous l’effet du liquide. Une mèche bien dimensionnée coulissera dans la bobine mais avec difficulté. La traction sur l’une des extrémités provoquera un léger retroussement de la fibre sur le bord opposé du coil, s’avérant serrée mais pas trop comme on a coutume de dire dans la littérature.

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La Fiber Freaks se coupe très facilement à l’aide de la pince coupante. Sur un plateau de type Kayfun, il faut tailler une mèche suffisamment courte pour s’appuyer exactement sur les rebords du plateau situés à la base des plots, sans entrer d’aucune manière dans les goulottes d’arrivée de liquide.

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On y arrive en rectifiant progressivement la longueur des pattes de fibre jusqu’à l’obtention du résultat souhaité. La mèche ainsi dimensionnée peut ensuite être amorcée puis plaquée contre les plots du plateau avant d’entamer le remontage de l’atomiseur.

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C’est avec une légitime fierté que l’on peut alors contempler sa belle machine à vaper remplie, prête à diffuser d’intenses volutes de notre liquide préféré du moment !

Et pour terminer…

Les vapotos avertis n’auront sans doute pas appris grand-chose de ces quelques lignes, leur kit vacances ou déplacements étant déjà constitué selon leurs goûts et préférences.

31 - giftPar contre, les nouveaux explorateurs du monde de la vape pourront s’ils le souhaitent s’attarder sur ces montages de câble Clapton en spires espacées et de micro-coil Kanthal pour peut-être se procurer un atomiseur reconstructible facile à vivre comme le Serpent Mini de Wotofo, un tournevis, une pince coupante, éventuellement une pince céramique, quelques pads de coton et un rouleau de résistif pour un investissement raisonnable même sur le sol national. Avec un peu de chance, les deux pinces résisteront suffisamment longtemps pour que leur coût s’amortisse, pourquoi donc rester aux onéreuses résistances « toutes faites » ? D’autant que les vacances qui approchent apporteront sans doute leur lot de temps libre entre le retour de la plage et l’heure de l’apéro, moments de détente où il fait bon tortiller le Kanthal avant de démarrer le barbeuk.

Les questions seront bien sûr les bienvenues si les réseaux 3G/4G arrosant les lieux de villégiature des vapotos intéressés permettent de les poser !

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