Nous sommes le 4 Novembre 2017 au moment ou j’écris ces lignes, et depuis quelques jours, les journalistes parlent beaucoup de cigarettes électroniques, à l’occasion de la mise en application du décret de loi sur les lieux ou il est permis ou non de vapoter.

Et du coup il se dit pas mal de conneries.
C’est assez logique : les journalistes ne connaissent pas bien le sujet, ils retranscrivent des informations qu’ils n’ont pas approfondies, et puis nous savons qu’il y a de tels enjeux financiers et politiques que cela peut justifier quelques entorses à la vérité.
Plus difficile est d’expliquer les prises de positions de certaines personnalités de formation scientifiques : orientations politiques, conflits d’intérêts ?
Ce comportement d’une grande partie des journalistes et de certaines personnalités publiques pourrait être critiqué, mais ce n’est pas l’objet ici.

Nous allons juste essayer de compléter ou corriger certaines informations.

 

1. Le vapotage enfin interdit dans les lieux publics !

Non, justement 🙂
L’objet même de cette loi est de différencier le traitement de la cigarette électronique et du tabac brûlé. Elle reconnait officiellement que vapoter et fumer c’est différent, que ça n’a pas les mêmes impacts.
La  loi autorise donc (ou plutôt, n’interdit pas) de vapoter partout ou ça ne gêne personne, par exemple dans son bureau au travail, dans sa chambre à l’hôpital, ou dans un lieu accueillant le public.
Elle l’interdit là ou ça peut être gênant pour les autres et ou cela pourrait inciter les gens à fumer : les open space au travail, les lieux accueillant des jeunes (écoles, centres de loisirs…).
Ne détaillons pas plus ici, Vaping post l’a fait ici et dans d’autres articles, je vous en conseille la lecture pour bien connaître la loi.

L’important est de comprendre que cette loi est « pro-vape » : elle prend acte que la vape est considérablement moins dangereuse que le tabac, elle affirme qu’il est autorisé de vapoter presque partout, sauf là ou on a besoin d’exemplarité et de respect (dans un bus par exemple, ou une salle de cinoche).

 

2. Le vapotage est nocif, il y a des produits dangereux dedans !

Oui, ok… bien sûr que la vape n’est pas totalement saine dans l’absolu.
Il a plusieurs réponses à donner à cette question, la première passe par l’explication de la notion de réduction de risque.

La vape s’adresse aux fumeurs, pour réduire leur risque de mourir d’un cancer ou d’une attaque cardiaque.
En effet, nous savons de manière certaine, et tout le monde le sait que le tabac fumé tue 1 fumeur sur 2. C’est beaucoup, il n’y a peu d’autres exemples de pratiques qui tuent de manière aussi efficace la moitié des pratiquants : même l’alpinisme, le saut en parachute ou la course automobile n’y arrivent pas. Il n’y a guère que l’alcoolisme et la roulette russe qui peuvent s’en approcher.
La vape de son côté n’a tué personne en 10 ans, elle n’a même rendu personne malade.
La vape est moins dangereuse que le tabac, beaucoup moins, au moins 95% moins !

La vape, c’est donc mieux, pour un fumeur, que de fumer.
Mieux.
Pas « bien ».
Mieux, et de beaucoup.

Personne ne dit que c’est bien de vaper, c’est juste mieux que de fumer.
Alors, dira-t-on, pourquoi les fumeurs ne s’arrêtent pas de fumer tout court, sans se mettre à vapoter ?
Certes, mais c’est pas si facile : fumer est une addiction puissante, et la plupart de ceux qui veulent arrêter n’y arrivent pas, même avec des patchs ou des médicaments.
Avec la vape, beaucoup y arrivent, vraiment beaucoup plus qu’avec le patch par exemple (on parle de 5% de réussite avec le patch et de 30/40% avec la vape, mais ces chiffres sont des estimations, difficiles à vérifier).

Bref, la vape, c’est pas « bien ».
C’est « mieux » que de fumer, pour les fumeurs qui veulent s’arrêter.

 

Il y a des produits dangereux dans la vapeur !

C’est la 2° partie de la question d’avant.
Oui, il y a des produits dans la vapeur.
Sont-ils dangereux ? lesquels ? y en a-t-il beaucoup ? combien c’est dangereux ?

D’abord, il est établi que le nombre de produits potentiellement dangereux dans la fumée de tabac est énorme, alors qu’il y en a beaucoup moins dans la vape.
On trouve souvent ce genre d’image pour exprimer ça :

Mais cette image est fallacieuse !
Elle est assez informative sur les produits qu’on trouve dans la fumée du tabac (encore qu’il y en ait plus que ça, mais il y a les principaux)… mais elle met en regard la composition des liquides de vape… pas la composition des vapeurs.

Alors soyons sérieux, quels sont les produits potentiellement nocifs dans la vapeur ?
Il y en a 5 principaux, clairement identifiés comme nocifs (et présents dans la fumée). J’ajouterais bien les arômes et additifs pour bien faire. Suivez les liens pour en savoir plus (toujours chez VapingPost, qui est un bon départ d’exploration, profitez en pour vous abonner si ce n’est pas déjà fait) :

 

La nicotine

La nicotine fait peur. On sait que c’est le produit dont on peut être dépendant, alors on lui attribue les effets nocifs de la clope.

Mais en fait non.
La nicotine est certes un poison, on en fait même des insecticides… mais il s’agit de nicotine pure.
Fortement diluée, c’est un produit qui se rapproche plus de la caféine, elle n’est pas responsable des maladies provoquées par la fumée.
Les goudrons, les particules fines, les produits chimiques provoquent les maladies du tabac… pas la nicotine.
A ce titre, les instances de santé ont interdit il y a longtemps aux fabricants de cigarettes de nommer les cigarettes « light », allégées en nicotine, sous entendu  moins nocives.
C’est le contraire : les fumeurs de cigarettes « légères » ont tendance à tirer plus fort dessus pour avoir assez de nicotine… et donc augmentent les méfaits de la combustion.

Bref, la nocivité de la nicotine est un mythe, une peur bien ancrée, qui n’a pas d’objet.
Vous pouvez lire avec intérêt le blog de Jacques le Houezec, tabacologue et spécialiste de la nicotine et de ses usages.

Vous pouvez aussi écouter ça :

 

Acroleine, formaldéhyde, acétaldéhyde, benzène

Ces noms font peur, ce sont des produits nocifs, cancérigènes, que l’on trouve dans la fumée de tabac, et que l’on peut trouver dans la vapeur des vapoteuses.

Si vous n’avez pas encore suivi les liens proposé, voici un résumé de ce que l’on sait.

De nombreuses études ont été faites, certaines selon de bonnes pratiques scientifiques, d’autres selon des protocoles biaisées  par méconnaissance de la vape.
Ces études là ont souvent débouché sur des alertes très médiatisées disant que tel produit très toxique était présent dans la vapeur.
Et presque toutes ont été convaincues ensuite de biais importants dans les protocoles d’expérience, le plus représentatif étant de surchauffer les atomiseurs, au point de mesurer des dry hit…
Aucun vapoteur ne vape du coton sec…

Mais le propos n’est pas de dire ici qu’il n’y a pas de produits nocifs dans la vape.
Les études sérieuses montrent qu’il y en a, simplement il y en a très peu.
Beaucoup moins que dans la fumée, et pour la plupart tellement peu qu’il n’y a pas de conséquences nocives sur la durée d’une vie humaine.
Encore une fois, la vape n’est pas totalement saine dans l’absolu, mais beaucoup moins nocive que le tabac.

 

Les arômes et additifs

Ce domaine est encore peu connu.
Hormis certains produits dont on sait qu’ils peuvent être nocifs, le diacéthyle par exemple, et qui sont écartés des recettes de liquides par la plupart des assembleurs, les produits utilisés pour aromatiser les liquides sont reconnus comme non nocifs dans l’industrie alimentaire.
Nous savons donc que notre système digestif s’en accommode sans problème.

Mais avec la vape, c’est dans nos poumons qu’ils vont. Est-ce que c’est plus dangereux ? Est-ce que les poumons peuvent assimiler ces produits ?
On ne sait pas trop… il n’y a pas de signe disant que non… mais bon… ça pose question.

C’est l’occasion de clarifier une chose en lien avec le principe de précaution… qui pourrait dire que si on ne sait pas, on ne fait pas. Ce qui pourrait justifier une interdiction des arômes dans les liquides (souhaitée par certains).
Pourtant, il y a des études faites, et elles ne trouvent rien.
Mais en toute objectivité, le fait qu’elles ne trouvent rien ne prouve pas qu’il n’y a rien : on n’a peut être pas encore trouvé !

A partir de combien d’études n’ayant rien trouver peut-on considérer qu’il n’y avait rien à trouver ?

Le principe de précaution, ce n’est pas dire que si on ne sait pas on ne fait pas.
C’est dire que si on ne sait pas, on étudie, et si on trouve rien, on peut le faire, en surveillant au cas ou l’on ait raté quelque chose.

En résumé, concernant les arômes et additifs actuellement utilisés par les assembleurs sérieux, on peut considérer que le risque est très faible, au point de ne pas en trouver.
On peut donc en consommer, tout en continuant à chercher.
On peut aussi être sobres et ne pas consommer 60 ml par jour de liquides en 80%VG qui demandent à être plus aromatisés (20%, soit 12 ml d’arômes).

 

Le vapotage passif c’est dangereux !

Ahhh !
Madames et messieurs les journalistes, sérieux, renseignez vous un minimum  !
Vous êtes dans le pur fantasme là, vous confondez information et sensation.

En présence d’un vapoteur dans une pièce, on respire la vapeur qui se répartie dans l’air.
C’est un fait, et d’ailleurs on le sent bien à l’odeur des arômes du liquide, qui peut-être gênante pour ceux qui ne vapent pas, reconnaissons le.

Mais on ne peut parler de vapotage passif qu’à condition qu’il soit prouvé, comme pour le tabagisme passif, que la vapeur, comme la fumée, aura des effets nocifs sur les non vapoteurs.

Alors soyons logique, comme la vape est au moins 95 % moins nocive que la clope… l’éventuel vapotage passif est au moins réduit d’autant. C’est pas rien, d’accord, mais rien à voir avec le tabagisme passif.

De surcroît, le vapoteur passif ingère moins de vapeurs que de fumée dans les mêmes conditions, simplement parce que la fumée est constituée de particules fines qui restent longtemps en suspension dans l’air, alors que la vapeur se condense très vite sur les parois de la pièce.

Enfin, on reproche à cette vapeur de faire consommer de la nicotine aux vapoteurs passifs, dont on retrouverai des traces dans les urines.
Oui… des traces… en quantité très faibles… d’une substance dont on sait qu’elle n’est pas nocive.
Voilà… fantasme, ou manipulation des esprits…

Il est moins dangereux de respirer dans une pièce ou l’on vapote que de respirer la fumée du barbecue du voisin, ou pire, l’air de Paris.
S’il existe, le vapotage passif n’a pas de conséquence, et c’est par amalgame avec l’idée de tabagisme passif que cette idée fait peur.

 

Responsables ?

La nicotine n’est pas dangereuse, c’est prouvé.
La vape, si elle est nocive, l’est au moins 95 % moins que le tabac fumé.

La loi en prend acte et n’interdit pas de vapoter là ou ça ne gêne personne.
Elle l’interdit uniquement dans certains lieux pour 2 raisons : le confort des personnes (lieux collectifs fermés) et l’exemplarité (ne pas constituer un incitation à fumer, dans les écoles par exemple).

Le reste est de l’ordre du fantasme, ou de la manipulation pour inciter les fumeurs à rester fumeurs en pensant que la vape est aussi nocive que la clope.

La loi devrait aller plus loin et considérer que la vape est actuellement le moyen le plus efficace pour aider les fumeurs à arrêter de fumer, en réduisant leurs risques de presque 100 %

Ceux qui contribuent, le plus souvent involontairement, à faire penser que la vape est aussi nocive que la clope prennent la responsabilité de maintenir les fumeurs dans leur addiction mortelle. C’est assez laid.

Et quant aux vapoteurs qui ne respectent pas le confort des autres, ou qui confirment les fantasmes des fumeurs et des anti-vape en faisant d’énormes nuages publiquement, ils feraient bien de se poser aussi la question de leur responsabilité,dans l’affaire.
Nous, vapoteurs expérimentés, savons que, gros nuage ou pas, la vape n’est presque pas nocive… mais que pense un néophyte lorsqu’il voit un énorme nuage de fumée ?
Oui, pour lui c’est de la fumée, est c’est toute la fumée d’une cigarette en une bouffée.
Ca fait peur… c’est con, certes, mais ça contribue à la crainte de la population et ça ne sert pas la cause de la vape.
Ca ne sert surtout pas la cause des fumeurs, qui auraient pu vaper, et vivre, si on ne leur avait pas fait peur.

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